Pour toute ambition, pour vertu singulière,
Il excelle à conduire un char dans la carrière,
A disputer des prix indignes de ses mains,
A se donner lui-même en spectacle aux Romains,
A venir prodiguer sa voix sur un théâtre,
A réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre.

Louis XIV crut voir une critique de sa conduite dans ce tableau, ou du moins cette peinture admirable le fit réfléchir, sans doute; car, à partir de ce moment, il cessa de danser dans les ballets où il figurait souvent.

Boileau, tout en critiquant quelques détails du Britannicus de son ami, trouvait cependant cette tragédie admirable, et le voyant un jour tout chagrin du peu de succès qu'elle avait obtenu, il courut à lui, l'embrassa avec transport en lui disant que c'était son chef-d'œuvre.

On raconte qu'une actrice, au lieu de ce vers du rôle d'Agrippine:

Mit Claude dans mon lit et Rome à mes genoux,

se trompa et fit éclater de rire le public, en disant:

Mit Rome dans mon lit et Claude à mes genoux.

Bérénice parut deux ans après Britannicus, en 1671, à l'époque où Corneille, arrivé à la fin de sa carrière littéraire, abandonnait, trop tard déjà, le théâtre. Le sujet de Bérénice fut donné à Racine par Henriette d'Angleterre, belle-sœur de Louis XIV, qui fit demander également à Corneille de traiter les Adieux de Titus et de Bérénice. Elle espérait voir une allusion aux sentiments qu'elle et Louis XIV avaient eus l'un pour l'autre. Racine fut courtisan, s'engagea, et fit une admirable pièce que l'on parodia avec assez d'esprit.

Racine avait une grande susceptibilité de sentiments; il ne pouvait pardonner les critiques que l'on faisait de ses œuvres.

Il se montra très-chagrin des vers suivants, qui se trouvent dans la parodie de Bérénice: