Lorsque Voltaire en eut pris connaissance, il écrivit à Palissot une lettre moitié gaie moitié chagrine, ce qui fit dire à une femme d'esprit:

«Monsieur de Voltaire ne pardonnera jamais à l'auteur des Philosophes d'avoir battu sa livrée

On raconte, à propos de cette pièce, que dans une lecture faite dans une maison particulière, l'auteur, arrivé au passage où Cidalise dit à sa fille qu'elle l'aime en qualité d'être, fut interrompu par les bruyants éclats de rire d'un des auditeurs qui s'écriait: «Oh! je rirai longtemps d'une mère qui prend sa fille pour un arbre (un hêtre).»

Dans l'opéra comique intitulé le Procès des ariettes et des vaudevilles, on trouve ce couplet relatif aux Philosophes de Palissot:

Quoique son but lui fasse honneur,

Nous conseillons à cet auteur,

S'il veut que son nom s'éternise,

De prendre un pinceau moins hardi,

Et d'avoir toujours pour devise:

Cette comédie fit des monceaux d'ennemis à Palissot. Il avait eu le courage d'attaquer non pas un seul personnage ridicule ou vicieux, mais une secte nombreuse, puissante, accréditée. Elle avait donc une importance plus grande encore que toutes les comédies parues depuis le Tartuffe, et jusqu'alors aucune ne pouvait lui être assimilée.