Mieux eût valu, ma foi, qu'on m'eût berné.

Que m'ont servi tant de prôneurs à gages?

De mes succès où sont les avantages?

Un seul encore, et me voici ruiné.

Dorat, en effet, mourut dans la misère.

En 1762, parut aux Français une jolie comédie intitulée Julie ou le Triomphe de l'amitié, en trois actes et en prose. L'auteur, Marin, sut y glisser une charmante histoire, histoire véritable du fameux Samuel Bernard. Un grand seigneur, très-connu pour être un panier percé, empruntant partout mais se gardant bien de jamais rendre, vint un jour trouver le riche banquier et lui dit:—«Monsieur, je vais bien vous étonner. Je me nomme le marquis de F..., je ne vous connais point, et je viens vous emprunter cinq cents louis.—Pardieu, Monsieur, lui répond aussitôt Bernard, je vais, moi, vous étonner bien davantage, je vous connais et je vais vous prêter cette somme.»

Marin, en 1765, fit jouer encore quelques petites comédies assez spirituelles.

Rochon de Chabannes, auteur de la même époque, qui travaillait pour les divers théâtres de Paris, donna en 1762, aux Français, la jolie comédie en un acte et en vers, intitulée: Heureusement. Elle est tirée d'un conte de Marmontel. Il y a dans la pièce une scène entre un militaire et une jeune femme pendant laquelle l'officier dit à Marton, la soubrette:

Verse rasade, Hébé, je veux boire à Cypris.

La jeune femme répond: