Tu réunis tous les suffrages;

Et le public, tiré de son erreur,

Te rend ta gloire et tes ouvrages.

Rien ne peut à présent altérer ton bonheur,

Tes succès sont à toi, j'en goûte la douceur

Et n'ai jamais voulu t'en ravir l'avantage.

Ton esprit en a tout l'honneur,

C'est mon cœur seul qui les partage.

En 1762, sur la fin de sa vie, Favart fit jouer la comédie en trois actes intitulée les Moissonneurs, dont le sujet est tiré du livre de Ruth, un des beaux morceaux de l'Écriture sainte. Comme on y trouve de grands principes de morale et qu'elle fut représentée pendant le carême, on dit plaisamment que le petit père Favart prêchait le Carême, rue Mauconseil.

L'année suivante, Favart donna encore les Fêtes de la paix, assez médiocre pièce, du genre de celles dites à tiroir. Les scènes sont une sorte de galerie de personnages de toutes les professions, chantant des couplets assez ennuyeux. Elle ne réussit pas à la première représentation, l'auteur la retoucha et la fit accepter du parterre, du reste, fort indulgent pour un des auteurs qu'il affectionnait avec raison.