Retrouve de la modestie;

Et la femme juge et partie

En est plus belle de moitié.

Cet auteur eut aussi l'idée bizarre de composer une espèce de tragi-comédie-héroïque, l'Ambigu-Comique ou les Amours de Didon, mêlée d'intermèdes, en trois actes, dont chacun renferme un sujet. Ces sujets sont: le Nouveau Marié, Don Pasquin d'Avalos et le Semblable à soi-même. C'est une réminiscence du théâtre espagnol, peu dans le goût des spectateurs de notre pays, et qui n'eut aucun succès. Un second essai, dans le même genre, lui réussit un peu mieux, en 1673, le Comédien-Poëte; cette pièce se compose d'un prologue en prose, d'un premier acte en vers, formant une action particulière, d'une scène en prose, suite du prologue, et enfin de quatre actes en vers composant une autre pièce comique n'ayant nul rapport avec le titre. On prétendait que Thomas Corneille avait travaillé à ce Salmigondis, et on en trouvait une preuve dans un ancien registre des comédiens où on lit: «Donné à MM. Corneille et Montfleury chacun 660 livres de l'argent qu'on a retiré de la pièce du Comédien-Poëte.» Ainsi, on voit que le succès avait été assez médiocre, puisque cette singulière élucubration avait produit en tout et pour tout 1,320 livres. Si Thomas Corneille en a été le collaborateur, tant pis pour lui.

Le sujet d'une de ses premières pièces, le Mariage de rien, petite comédie en un acte et en vers, est assez original. Un médecin a une fille qui déclare à chaque instant brûler d'envie d'être mariée. Le père rebute tous les prétendants, faisant la critique de l'état, de la profession de chacun d'eux. Isabelle, impatientée, s'écrie avec plus de bon sens que de pudeur:

Il faut donc que je meure fille?

Qui voudra plus se présenter?

Ah! par ma foi, j'en veux tâter.....

Un galant mieux avisé arrive, et déclare au père qu'il n'est rien. Cette absence de profession embarrasse le médecin qui lui donne sa fille.

Cette petite pièce est tellement cousue d'indécences et d'inutilités, qu'un plaisant dit après l'avoir entendue: «Si du Mariage de rien on retirait tout ce qui choque ou tout ce qui n'a pas raison d'être, que resterait-il? presque rien.»