Bientôt l'un de ces deux voisins
Fermera sa boutique.
Quoique le pauvre italien
Ait eu plus d'une crise,
Les jaloux ne lui prennent rien
De votre chalandise;
Le parterre se connaît bien
En bonne marchandise.
La Loterie eut, comme les comédies qui l'avaient précédée, une origine d'actualité. Un Italien nommé Fagnani, marchand brocanteur établi à Paris, ayant obtenu la permission de mettre sa boutique en loterie à raison d'un écu par billet, fit annoncer partout que chaque billet gagnerait un lot. Cette promesse, renouvelée bien souvent de nos jours, fut une amorce qui lui amena une foule de chalands. Tous les billets furent enlevés. Il imagina alors (exemple imité depuis lui, en maintes occasions) de distribuer les beaux et gros lots à des compères, et de lotir de lots insignifiants, les personnes qui l'avaient honoré de leur confiance. Le public en fut quitte pour être dupé comme cela lui arrive habituellement, et pour aller se consoler au Théâtre-Français en applaudissant la pièce dans laquelle il avait joué le principal rôle au naturel. Ce bon public paya double, dans cette occasion.
Dancourt, en 1701, dans sa comédie en un acte du Colin-Maillard, introduisit le couplet final adressé au public, et ce couplet sauva sa pièce d'une chute. Il est du reste assez spirituel, le voici: