Pour lire à la femme aimée.
FEMMES RÊVÉES
ALBERT FERLAND
Préface de M. Louis Fréchette
Lauréat de l'Académie française.
MDCCCXCIX
Préface
Femmes rêvées, très joli titre, mais encore plus joli sujet. Les rêves, les femmes! La poésie, la jeunesse! Toutes les sonorités du coeur, tous les rayonnements de l'intelligence!
En dehors de cela, c'est-à-dire du Beau—sous ses formes les plus subtiles comme les plus tangibles—et de l'Art qui en est la formule et la plus sublime manifestation symbolique, qu'est-ce que la vie, sinon la végétation de la plante ou l'inconsciente croissance du mollusque? Oui, joli titre, joli sujet, et je puis ajouter: joli petit volume, qui possède, entre autres qualités, celle d'être modeste comme son auteur, et sans prétention comme les précédents écrits tombés de la même plume.
Je ne sais si M. Ferland est un sentimental; il doit l'être un peu: tous les poètes et les fervents de l'Art le sont plus ou moins. Mais il a le bon esprit, ce dont je ne saurais trop le féliciter, de ne pas exhiber devant le public les recoins intimes de son être, de son moi—pour me servir d'une expression en vogue—et de ne pas arrêter les passant par les basques de leur habit pour leur seriner sur tous les tons la gamme de ses joies et de ses tristesses.