—Comment cela?
LES PREMIERS VAGISSEMENTS DE L'ENFANT, REÇUS PAR LE PHONOGRAPHE.
—Ma foi, je dois vous l'avouer, j'ai manqué de délicatesse; pendant que Sulfatin avait le dos tourné, je lui ai volé le cliché phonographique du savant américain, et...
—Et?
—Et je l'ai fait reproduire à cent cinquante exemplaires, que j'ai placés dans les phonographes du laboratoire de physique, reliés par un fil; j'ai tout préparé, c'est très simple; tout à l'heure, Sulfatin, en s'asseyant dans son fauteuil, établira le courant et cent cinquante phonographes lui répéteront ce que disait l'autre jour le savant américain...
—Mon Dieu! pauvre M. Sulfatin; qu'avez-vous fait? Vite, enlevez ce fil...»
Georges hésitait.
«Vous croyez que j'ai été un peu trop loin?..... Mais il est trop tard, voici Sulfatin!»
Dans le grand laboratoire où, devant des installations diverses, parmi des appareils de toutes tailles, aux formes les plus étranges, au milieu d'un formidable encombrement de livres, de papiers, de cornues et d'instruments, travaillent une quinzaine de graves savants, plus ou moins barbus, mais tous chauves, enfoncés dans les méditations ou suivant, attentifs, des expériences en train, Sulfatin venait d'entrer, marchant lentement, la main gauche derrière le dos et se tapotant le bout du nez de l'index de la main droite, ce qui était chez lui signe de profonde méditation.