Et, dans la plaque du Télé, les figures, cessant de passer dans une confusion falotte, se précisèrent peu à peu, le défilé se ralentit, puis tout à coup une image nette et précise s'encadra dans l'appareil et ne changea plus.

C'était une chambre au mobilier très simple, une petite chambre aux boiseries claires, meublée seulement de quelques chaises et d'une table chargée de livres et de cahiers, avec une corbeille à ouvrage devant la cheminée. Réfugiée dans un angle, presque agenouillée, une jeune fille semblait encore en proie à la plus profonde terreur. Elle avait les mains sur les yeux et ne les retirait que pour les porter sur ses oreilles dans un geste d'affolement.

Georges Lorris ne vit d'abord qu'une taille svelte et gracieuse, de jolies mains délicates et de beaux cheveux blonds, un peu en désordre. Il parla tout de suite pour tirer l'inconnue de sa prostration:

«Mademoiselle! mademoiselle!» fit-il assez doucement.

Mais la jeune fille, les mains sur les oreilles et la tête pleine encore des terribles rumeurs qui venaient à peine de cesser, ne sembla point entendre.

«Mademoiselle!» cria Georges d'une voix forte.

La jeune fille, tournant la tête sans baisser ses mains et sans bouger, regarda, d'un air effaré, vers le Télé de sa chambre.

«Le danger est passé, mademoiselle; remettez-vous, reprit doucement Georges; m'entendez-vous?»

Elle fit un signe de tête sans répondre autrement.

«Vous n'avez plus rien à craindre, la tournade est passée...