«LE COFFRE EST BON, JE VOUS L'AFFIRME...»
—Vous deviez les essayer sur d'autres auparavant; en somme, j'étais un sujet pour vous, sur lequel vous opériez tranquillement, et au lieu d'être payé pour servir à vos expériences, je payais... Cela me semble abusif. Nous plaiderons!... Je ne suis pas le premier venu, je suis un malade connu, j'ai une notoriété, l'effet pour le lancement de votre produit est donc bien plus considérable, je veux entrer tout à fait dans l'affaire ou bien nous plaiderons!
—En attendant, dit Sulfatin impatienté, comme, de par notre traité, vous êtes encore sous ma direction, vous allez venir ou je vous fais avaler d'autres médicaments et je vous remets dans l'état où vous étiez lorsque je vous ai entrepris... C'est mon droit... je vous réintègre dans votre couveuse, vous n'étiez pas gênant, là... Je me suis engagé par notre traité à vous faire durer; je vous ferai seulement durer, voilà tout!
—Voyons! ne discutons pas, dit Philox Lorris impatienté; M. La Héronnière sera de l'affaire, j'y consens, c'est entendu... D'ailleurs, voici M. des Marettes qui s'ennuie...»
En effet, dans le petit salon, M. des Marettes se promenait de long en large d'un air agité, en murmurant des phrases indistinctes:
«... Irréductible esprit de domination... servi par un charme dangereux, pernicieux... profonde astuce cachée sous un vernis de fausse douceur... Femme, créature artificielle et artificieuse...
Ah! ah! fit M. Lorris, je n'ai pas besoin de vous demander des explications, grand homme; je reconnais le portrait, vous travaillez à un discours destiné à battre en brèche les prétentions du parti féminin...»
M. des Marettes passa la main sur son front.
«Je vous demande pardon, messieurs, je m'oubliais... Nous disions donc?