II
Les grandes affaires en train.—Conflit Costa-Rica-Danubien.—L'ère des explosifs va être close.—La guerre humanitaire.—Triste état de la santé publique.—Trop de microbes.—Le grand médicament national.
M. Philox Lorris ne voulait pas de femmes inoccupées. C'est un principe d'ailleurs généralement adopté. Devant la femme égale de l'homme, ayant reçu la même instruction, électrice, éligible, ayant les mêmes droits politiques et sociaux que l'homme depuis plus de trente ans, toutes les carrières jadis fermées se sont ouvertes. C'est un progrès immense, bien que certaines femmes à l'esprit réactionnaire, et justement Mme Philox Lorris est du nombre, prétendent y avoir perdu. Mais, hélas! toutes les carrières libérales, si encombrées déjà lorsque les hommes seuls pouvaient s'y lancer, le sont bien davantage maintenant que les femmes peuvent être notairesses, avocates, doctoresses, ingénieures, etc. Grâce aux vigoureuses campagnes menées par les cheffesses du parti féminin, nous avons maintenant des mairesses et même quelques sous-préfètes, et l'on vient de voir dans le dernier cabinet une ministresse! On le voit, une des carrières les plus belles et les plus productives en bénéfices, celle qui nourrit le mieux son homme, comme on disait autrefois, nourrit aussi la femme—l'industrie politique, petite et grande, côté opposition ou côté gouvernement, compte déjà de nombreuses notabilités féminines.
LA VIEILLE LUTÈCE ET LA NOUVELLE
La femme travaille donc à côté de l'homme, comme l'homme, autant que l'homme, au bureau, au magasin, à l'usine, à la Bourse!... Par ce temps d'industrialisme et d'électrisme, quand la vie est devenue si déplorablement coûteuse, tous, hommes et femmes, s'occupent fiévreusement d'affaires. La femme qui ne trouve pas l'emploi de ses facultés dans l'industrie de son mari doit se créer à côté une autre industrie: elle ouvre un magasin, fonde un journal ou une banque, se démène et se surmène comme lui à travers la grande bataille des intérêts, au milieu des concurrences surexcitées.
Ce sont des savants vieillis dans les laboratoires.
Que deviennent le ménage intérieur et les enfants dans ce tourbillon? Les soucis du ménage sont allégés considérablement par les compagnies d'alimentation qui nourrissent les familles par abonnement; pour le reste, on a des femmes à gages, d'une éducation moins soignée ou d'ambition moindre, qui s'en chargent. Quant aux enfants, qui sont un embarras considérable pour des gens si occupés, les écoles, puis les collèges les reçoivent dès l'âge le plus tendre et l'on n'a que le souci des trimestres à payer, ce qui est déjà bien suffisant.