XII
APRÈS LA CATASTROPHE
La sortie a lieu.
A peine reposées les troupes de secours amenées par Jehanne d'Arc, renforcées par cent cinquante hommes de la garnison, vont assaillir les positions des assiégeants.
Des bombardes placées à l'avancée tirent sur les barricades élevées devant les défenses du pont, puis le pont-levis de l'avancée se baisse, hommes d'armes et piétons se précipitent, Jehanne, La Hire et Xaintrailles en tête. A grands coups de vouges et de guisarmes, chevaliers et piétons ouvrent des brèches sanglantes au plus épais des rangs ennemis bousculés et refoulés. Il semble que Jehanne encore une fois, apporte la victoire dans les plis du glorieux étendard d'Orléans.
Jehanne d'Arc prisonnière.
Mais des renforts nombreux arrivent des cantonnements anglais; de tous les côtés des bandes de soudards furieux tombent sur les gens de la sortie, à leur tour obligés de reculer. Les flèches et les carreaux d'arbalète pleuvent sur eux. Ils sont ramenés et poussés en désordre par la masse des assiégeants jusqu'au bastillon du pont, au bruit lugubre du tocsin sonnant à toutes les églises de Compiègne.
Tout est silencieux sur le pont.