AUDENARDE.—NOTRE-DAME DE PAMELE.

Son histoire est celle de toutes les villes voisines pendant les siècles du Moyen-Age. Lorsque Gand se révolta contre le duc Philippe le Bon en 1452, un corps d'hommes d'armes du duc, commandé par le sire de Lalaing, défendit la ville d'Audenarde contre les milices gantoises, trente mille hommes, qui avaient amené avec elles, entre autres pièces d'artillerie, le grand canon Dulle Griet, Marguerite l'Enragée, et Audenarde allait succomber si l'armée du duc, avec toute la noblesse des Flandres, n'était venue livrer bataille aux assiégeants sous les murs de la ville.

Audenarde connut aussi toutes les alarmes, toutes les mauvaises chances des guerres du seizième siècle. Cependant, prise par Alexandre Farnèse, duc de Parme, dans sa campagne de 1581, elle fut plus heureuse que d'autres.

Une maison de la Grand'Place avait abrité un roman d'amour de l'Empereur Charles-Quint, et Farnèse, se souvenant que sa mère, Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles-Quint et d'une belle Flamande, Jeanne van der Gheenst, de la famille d'un maître tapissier d'Audenarde, y était née, épargna à la ville les horreurs de la mise à sac. Plus tard, elle fut prise trois ou quatre fois par les Français qui la démantelèrent.

Pour l'Hôtel de ville, c'est la même ordonnance qu'à Louvain, un rectangle à double pignon, décoré de la même façon, avec la même prodigalité. En plus, le rez-de-chaussée est précédé d'une jolie galerie d'arcades en avant-corps, grand balcon régnant sur toute la façade, et du milieu duquel se détache le beffroi, jolie tour carrée aussi fouillée que tout le reste, ouverte au dedans de la galerie en manière de «bretèque» pour parler au peuple. La grande salle échevinale donne sur cette bretèque, une grande salle de noble caractère, avec une magnifique cheminée comme il s'en trouve une série à signaler dans les Hôtels de ville de Belgique.

AUDENARDE. CHEMINÉE DE L'HOTEL DE VILLE.