Huy possède un joli petit monument sur une de ses places, une fontaine en cuivre du commencement du quinzième siècle, tout à fait originale comme arrangement, et qui fait penser à quelque gigantesque aquamanile. Du milieu d'un bassin, surgit une sorte de petit château, composé de quatre tours crénelées avec goulots en forme de gargouilles, entre lesquelles se tiennent debout quatre statuettes intéressantes pour l'allure et le costume, une dame, un évêque, un jeune chevalier et un autre homme d'armes; au milieu, une tour centrale porte une figure d'homme sonnant du cor.

Comme Huy, Namur, à quelques lieues de là, au confluent de la Sambre et de la Meuse, montre de loin les blanches murailles d'une citadelle haut perchée sur des rochers. C'est une très belle situation prêtant fort par elle-même au pittoresque, mais ce n'est pas le pittoresque qu'il faut demander à Namur. Point de vieux logis de tournure ancienne, ni de petite maison à la mode de jadis, point de grands monuments gothiques en cette cité bourgeoise très banalisée; ici les rues propres et froides, aux façades nettes et élégantes, n'ont aucune vieille chose à montrer.

Namur a l'air d'être né au dix-huitième siècle, tout au plus, et quoique un de ses quais sur la Meuse porte un nom latin, boulevard ad Aquam, on ne lui donnerait pas son âge. Quelques morceaux de vieilles rues assez anciennes se rencontrent bien çà et là, mais sans caractère.

L'Hôtel de ville est tout à fait moderne; il y a un beffroi pas bien loin, mais on l'aperçoit à peine par-dessus les toits, au fond d'une cour. Quant aux églises, ce sont des portiques, des colonnades classiques, des balustrades, des entablements, des coupoles, et du corinthien, du style jésuite, de la pompe et du faste.

CITADELLE DE NAMUR, AU CONFLUENT DE LA SAMBRE ET DE LA MEUSE.

Elles sont toutes du dix-septième ou du dix-huitième siècle, ce qui explique tout. La cathédrale date de 1750, l'église Saint-Loup, la plus fastueuse, est plus vieille d'un siècle.