LES HALLES A NIEUPORT.

Sur la partie de la Grand'Place en prolongement du Pavillon des Espagnols, les façades, sauf le joli pignon du théâtre, n'ont plus de caractère artistique, mais se découpent encore pittoresquement en avant de la deuxième église de Furnes, Saint-Nicolas, dont la vieille tour se dresse, épaisse et rugueuse, ses vieilles briques écorchées et patinées par le temps.

En dehors de cette Grand'Place si bien meublée, Furnes n'a plus autre chose à montrer; quelques maisons çà et là et sa belle gare gothique.

Oui, elle est gothique, mais ce n'est pas un de ces pastiches grinçants et mesquins que l'on connaît, fabriqués avec des détails ramassés et appliqués n'importe comment, c'est franc et bien accommodé au programme, c'est ainsi qu'un constructeur du quinzième siècle eût conçu une gare, si le quinzième siècle en avait eu besoin.

A quelques kilomètres dans les dunes, somnole une autre ville tout à fait déchue, celle-là, Nieuport, jadis havre important, ville forte, cité commerçante d'où s'élançaient des flottes pour le négoce ou la grande pêche.

La côte est toute en longues chaînes de montagnes de sables cachant la mer, et nichant dans leurs creux les petits villages de pêcheurs et les plages de bains. Nieuport montre au milieu des prairies ce qui lui reste de rues et de maisons, groupées autour de la grande place vide. Hélas! tout est tristesse et solitude dans la ville, rien ne remue par les rues, le grand bâtiment gothique des Halles, morne et vide, semble bailler par toutes les grandes ouvertures d'un rez-de-chaussée original en avant-corps, par toutes ses fenêtres, où il semble bien, qu'en partant, les gens du seizième ou dix-septième siècle ont oublié seulement de mettre les volets.

La pauvre ville eut jadis vingt mille habitants, elle est fille d'un village de pêcheurs, hameau de la ville de Lombardzyde, que la mer écrasa et emporta sous ses vagues en 1116. Lombardzyde est redevenu village de pêcheurs et de baigneurs.