Quelques jolies maisons çà et là: rue du Four-du-Chapitre, une façade romano-gothique, à côté d'une vieille porte ogivale; rue de l'Hôpital, une maison à bas-reliefs du seizième siècle; ailleurs, le pignon de la maison des Brasseurs. Il y a plus vieux du côté de l'église Saint-Brice, un souvenir qui nous fait remonter bien des siècles. Côte à côte se dressent sur un carrefour deux pignons noircis à fenêtres romanes géminées, quelques-unes dénaturées.

Ce sont immeubles du douzième siècle, ce qui est déjà respectable, mais une inscription rappelle qu'en 1653, en construisant une maison en face de ces pignons romans, on mit à jour le tombeau du roi Childéric Ier, mort en son palais de Tournai en 481. Dans le sarcophage du père de Clovis, on trouva un certain nombre d'objets très précieux, petit trésor envoyé à Paris au cabinet des médailles de Louis XIV, sur lequel des voleurs prélevèrent une forte part, mais dont il resta l'épée de Childéric, quelques bijoux, des agrafes et des fibules.

A peu de distance du Tournai Mérovingien, le Borinage, le pays du charbon, étend ses plaines hérissées de montagnes noires, de hautes collines de scories, sur lesquelles planent comme des fumées de volcans. Mons, chef-lieu du Hainaut et du bassin houiller, parmi tous ces charbonnages, ces beffrois de mines, ces cheminées, n'est pourtant pas dépourvue de coquetterie.

Cette ville ancienne, mais qui se rajeunit, peut montrer une jolie Grand'Place avec un hôtel de ville du quinzième siècle, à campanile encadré de pignons briques et pierres, un beffroi du dix-septième siècle, à petites coupoles, tout en haut sur la colline d'où la ville tira son nom, puis une curieuse cathédrale, Sainte-Waudru, édifice gothique dont le portail trapu s'ouvre entre d'énormes contreforts qui lui font un peu la mine rébarbative d'une forteresse.

MONS.—CATHÉDRALE SAINTE-WAUDRU.