BRUGES.—HOTEL DE GRUUTHUSE.

Les vieilles murailles les plus sombres de toute la ville, les briques les plus patinées, ce sont bien celles de l'hôpital Saint-Jean, des grands pignons austères devant Notre-Dame, comme des bâtiments divers, d'aspect si vieux et si dolent qui trempent dans l'eau du canal de la Reie et l'assombrissent au pont Notre-Dame. L'entrée au pied du vieux et fruste clocher de la chapelle est d'un grand caractère. Quelques cours, du silence et du recueillement, de vieilles murailles, des coins de verdure, un rayon de soleil qui passe, et, derrière ces vénérables pierres, des chefs-d'œuvre d'une fraîcheur et d'une jeunesse éternelles, les fameuses peintures de Memling, précieux trésor gardé en une salle spéciale.

BRUGES.—INTÉRIEUR DU BÉGUINAGE.

La légende veut que Hans Memling soit né à Bruges, elle en fait un soldat de Charles le Téméraire, échappé au désastre de Nancy et revenu mourant en son pays. Soigné à l'hôpital Saint-Jean, il aurait, par reconnaissance, exécuté pour l'hôpital ces merveilleuses peintures. Né à Bruges ou ailleurs, il paraît cependant prouvé qu'il s'y maria et qu'il y mourut. Outre la châsse de Sainte-Ursule, il y a le retable de Sainte-Catherine, un triptyque et différents panneaux d'une conservation miraculeuse.

Petites rues tranquilles, petites maisons bien calmes, au-dessus desquelles on entend comme un bruissement de feuillages. C'est le quartier du Béguinage et du Lac d'Amour, l'un des sites les plus poétiques de Bruges.