ANVERS.—VUE SUR L'ESCAUT.

XI
ANVERS

Façade sur l'Escaut.—Le Steen et ses souvenirs.—La Cathédrale et l'Hôtel de ville.—La fortune d'Anvers.—La Grande Boucherie.—La Furie espagnole et autres furies.—Le grand Siège—Une Bourse gothique.—La Maison Plantin.

Anvers, c'est la grande ville maritime moderne, l'énorme développement de bassins et de quais remplis de hautes mâtures et de cheminées à perte de vue, d'un enchevêtrement de bâtiments de toutes formes et de toutes tailles, depuis les mastodontes ventrus à quatre cheminées rouges, qui s'en viennent des pays d'Extrême-Orient ou des Amériques, jusqu'aux longues, basses et lentes péniches des canaux des Flandres ou de Hollande. Et puis d'étranges constructions, des quais flottants qui tanguent et roulent comme des navires, des grues nombreuses faisant virer des bras fantastiques, un mouvement formidable de gens et de chevaux, de chariots jetant sur les ports des montagnes de ballots et de caisses.

Voilà pour le présent, mais il y a autre chose: Anvers est une grande et magnifique ville où le passé ne peut s'oublier, car il a laissé partout, derrière la façade de grands édifices modernes alignés le long de l'Escaut, sa marque et ses souvenirs, et tous ces monuments d'art si nombreux, de toute nature et de toute importance.

Anvers a une admirable façade sur l'Escaut, presque bras de mer ici plutôt que fleuve, large de 500 mètres. C'est un panorama mouvementé et pittoresque, quand on le regarde en bateau ou de la rive du pays de Waes.