Le droit de porter habillement complet de dessous et de dessus en rouge cramoisi fut réservé aux princes et princesses; les dames nobles et leurs maris ne pouvaient prendre cette éclatante couleur que pour une seule pièce de leur costume.

Pour les dames de rang inférieur, elles avaient droit, d'abord les plus élevées en rang, aux robes de toutes couleurs sauf le cramoisi, et les autres au rouge éteint ou au noir. Même échelle descendante pour les étoffes, des satins et des velours au simple drap.

De longs cris de lamentation retentirent par toute la France, quand on voulut passer à l'exécution de l'édit.

Les dames de France, au nord comme au midi, à l'ouest comme à l'est, en bataille serrée, défendirent courageusement, pied à pied, leurs joyaux et leurs belles parures, leurs étoffes et leurs couleurs, discutant avec les agents de l'autorité et trouvant mille raisons ingénieuses pour tout sauver, pour tout garder.

Il fallut que le roi reprît la plume, qu'il complétât son édit par une série d'articles explicatifs et détaillât point à point ce qui était permis et ce qui était prohibé. Il faisait quelques concessions aux dames et permettait encore quelques petites coquetteries, mais pour le reste, ce qui fut défendu resta défendu et la loi somptuaire fut exécutée rigoureusement.

Le velours, trop commun en France,
Sous toy reprend son vieil honneur...

dit Ronsard dans une épître au Roi où il loue le monarque de ses ordonnances réformatrices.

La Coiffure de Catherine de Médicis.