Cette menace d'excommunication—amende à payer seulement là-haut—n'a pas beaucoup d'effet, et les grandes fraises, les collets montés de magnifiques dentelles soutenues de fils d'archal, continuent à encadrer les opulences du corsage. La fine dentelle va si bien autour de la chair, elle fait si bien ressortir les épaules et les épaules font si bien valoir les merveilles des points de Venise ou de Flandre, cette délicate et si artistique orfèvrerie à l'aiguille!

La belle Gabrielle.

D'énormes manches qui ne sont pas des manches tiennent au corsage. Ce sont des ailes ouvertes fendues dès l'épaule, descendant très bas, garnies de boutons serrés qui ne se boutonnent pas. La vraie manche paraît en dessous, toujours rembourrée et remontante aux épaules, terminée par des poignets en dentelles appelés rebras.

Les jupes sont moins ballonnées que jadis, le vertugadin est plus modeste, c'est une simple cloche lourde et tombant droit, ou plutôt cela ressemble à la grosse caisse bariolée d'un bataillon de Suisses, mais les hanches sont renflées en coupole et accusées de façon grotesque par un rang de tuyaux godronnés de la même étoffe que la robe.

Il est assez difficile aux femmes d'avoir avec cela une démarche élégante et légère; cependant les beautés de l'époque tiennent à ces jupes et l'idéal de la grâce est d'affecter en marchant un dandinement de canard pour leur donner un balancement rythmique.

Une dame élégante a sous la robe trois autres jupes qu'elle doit montrer en se retroussant élégamment, trois autres jupes d'ornementation et de couleurs différentes.

Dans la liste des étoffes et des couleurs à la mode, elle a de quoi choisir, nous avons alors une série de noms aussi drolatiques que ceux inventés plus tard par le capricieux XVIIIe siècle.

Couleur triste amie, ventre de biche, face grattée, couleur de rat, fleur mourante, singe mourant, couleur de veuve réjouie, de temps perdu, de trépassé revenu, Espagnol malade, péché mortel, jambon commun, racleur de cheminée, etc.