Si les vertugadins ont diminué, les fraises ont plutôt gagné en hauteur et développement; les grands portraits de Rubens et ensuite ceux de Van Dick nous montrent ces fraises de la dernière période, en demi-circonférences s'évasant derrière la tête.

Mais les estampes de Callot et d'Abraham Bosse vont nous renseigner sur les modes parisiennes d'avant et d'après les édits de Richelieu.

Callot qui avant 1630 a dessiné de sa merveilleuse pointe tant d'élégants et pittoresques cavaliers en pourpoint de soie ou de buffle, tant d'officiers en hongreline, à petites bottes et grandes flamberges, de seigneurs bien XVIIe siècle, dans ces costumes si charmants et d'une si jolie crânerie, portés avec tant de prestance et de laisser-aller, a gravé aussi quelques costumes de femmes, qui, bien que de la même époque sont encore un peu dans le style des modes du siècle précédent.

Ces dames portent encore les robes à taille longue serrée dans le corps piqué rigide, les manches à bourrelets avec crevés tailladés en grande ou petite déchiquetade, de couleurs vives, les jupes relevées sur le vertugadin rétréci.

Elles sont chaussées de souliers à pont-levis, avec attaches sur le coup de pied, une mode nouvelle.

Les bourgeoises non plus que les dames ne vont
Nulle part maintenant, qu'avec soulier à pont,
Qui aye aux deux côtés une large ouverture
Pour faire voir leurs bas, et dessus pour parure
Un beau cordon de soie en nœud d'amour lié...

Ceci décrit suffisamment le soulier Louis XIII d'une si cavalière élégance. Le Musée de Cluny dans sa riche collection de chaussures en possède d'admirables, très découpés et décorés d'ornements noirs sur le cuir fauve et d'autres plus simples avec le nœud de rubans dit nœud d'amour.

Les découpures laissaient voir les bas de soie incarnat, couleur à la mode; pour sortir on ajoutait à ces souliers des patins de velours cramoisi à très hautes semelles.