VIII
XVIIIe SIÈCLE
La Régence.—Folies et frivolités.—Cythère à Paris.—Les modes Watteau.—Les robes volantes.—Naissance des paniers.—Criardes. Considérations et Maîtres des requêtes.—Mme de Pompadour.—L'éventail.—Promenade de Longchamps.—Carrosses et chaises à porteurs.—Modes d'hiver.
La France, ayant connu—après toutes les gloires et toutes les magnificences—toutes les amertumes et tous les désenchantements, contemplait tristement le long et mélancolique crépuscule du roi-soleil.
Tenue depuis des années dans une atmosphère d'ennui pesant par le vieux monarque et la vieille dame au visage pincé, elle eut comme un poids de moins sur la poitrine lorsqu'elle vit Louis dans son caveau de Saint-Denis et Mme de Maintenon réfugiée à Saint-Cyr, et du jour au lendemain, il y eut une explosion: toute la jeunesse comprimée, toute la frivolité rentrée, toutes les aspirations au plaisir sortirent et le grand coup de folie de la Régence commença.
Le fringant XVIIIe siècle, tenu sous la férule de ce vieux XVIIe grondeur et impotent qui ne voulait pas finir, allait soudain comme un jeune page émancipé s'en donner jusque-là et jeter sa perruque bien haut par-dessus tous les moulins.
La mode que les moralistes disent fille de la frivolité, inventa pour faire honneur à sa mère mille folies nouvelles et comme ce n'était pas assez, on reprit parmi les anciennes ce qu'il y avait d'assez oublié pour paraître délicieux.
La caractéristique de la mode au XVIIIe siècle, dès la Régence, c'est l'ampleur, le retour aux considérables envergures des jupes du temps de Henri III, c'est-à-dire au vertugadin, avec toutes ses conséquences, l'ampleur des manches et l'ascension des coiffures qu'on sera bientôt amené à exagérer en vertu d'une loi d'équilibre et d'harmonie!
Sous Henri III, ce sont les fraises qui montent et mettent la tête dans un grandissime cornet; sous Louis XV et Louis XVI, c'est la coiffure qui se fait monumentale.
Les vertugadins reparaissent sous le nom de paniers. Ils viennent de l'autre côté de la Manche. Ce sont deux dames anglaises qui les apportent à Paris et les exhibent au jardin des Tuileries.