Il n'importe, les paniers s'élargiront toujours jusqu'aux premiers temps de Marie-Antoinette et les jupes là-dessus se compliqueront de grands et petits volants, de treillis, de plissés, de lambrequins, de rubans arrangés dans tous les styles, de cent façons des plus gracieuses et des plus compliquées et des plus baroques aussi.
Sous la robe qui reste longtemps volante dans le dos, à la Watteau, le corps ou le corset emprisonne solidement le buste, le corsage de satin est en pointe descendant très bas; comme il est décolleté, un devant de gorge de dentelles et de rubans, protège la poitrine contre le froid.
Suivant la saison ou la température, on porte des mantelets, des coqueluchons, c'est-à-dire de coquets petits mantelets recouvrant les épaules, avec capuchon léger de soie ou de satin, ornés de festons et de plissés, coiffures et mantelets tout à la fois, ou bien des manteaux recouvrant toute la personne jusqu'aux talons, espèces de dominos avec le coqueluchon arrondi par un cerceau de fil de laiton autour de la tête.
En somme, la mode pour les robes conserve longtemps les mêmes formes, modifiées seulement par les accessoires. De 1725 à 1770 ou 75, ce sont, à peu de différences près, les mêmes dispositions et les mêmes lignes, le même ballonnement des jupes, toujours les flots de dentelles tombant des manches, toujours les floches de rubans.
La belle époque pour la mode XVIIIe siècle, celle qui fournit le plus joli type de costume Louis XV, c'est l'espace compris entre 1750 et 1770, époque de juste milieu entre les ampleurs exagérées de la Régence et celles non moins exagérées du temps de Louis XVI.
C'est le règne de Sa très belle, très fine, très artiste et très envahissante Majesté madame de Pompadour.
Petite Modiste.