En passant par Frickenhaussen et Ochsenfurth nous gagnons Eivelstadt, puis Murzburg. De là, nous arrivons à Erla-Brunn où on nous donne un lit pour vingt-deux deniers.

En passant par Relzbach et Zelling nous gagnons Karlstadt et puis Gemûnd; nous y dînons assez bien pour vingt-deux deniers.

C. BOGDURT.
D. ALBERT-DURER.
E. SOTAIN. SC

Nous voyons successivement Hofstetten, Lohr et Nevenstadt où j'ai dû montrer ma lettre de transit; je dépense dix deniers pour du vin et des écrevisses. Le mercredi matin, après avoir laissé derrière nous Rotenfels, nous arrivons à Saint-Écarig, d'où nous nous rendons à Heudenfeldt, Triffelstein, Homburg, Wertheim, et puis à Brodselten, Freudenberg, Miltenberg, Klingenberg, Worth, Obernburg, Asschaffenburg, Selgenstadt et Steinheim, où je montre mes papiers.

Nous passons la nuit près de Johansen. Le matin, on nous ouvre les portes de la ville et l'on nous fait beaucoup d'amitiés; j'y dépense six weispfenning.

Le vendredi, nous nous rendons à Kesselstadt pour gagner Francfort où je montre ma lettre de douane. Je dépense six sous pour un lit, et je donne deux sous au garçon. Jacob Heller me régale de vin à l'auberge, et je fais accord avec un homme qui consent à me conduire de Francfort à Mayence pour un florin, deux sous. La nuit, nous dépensons huit sous.

Le dimanche, je prends le bateau du matin qui va de Francfort à Mayence. Arrivé à mi-chemin, c'est-à-dire à Hochst, je montre ma lettre de transit et on me laisse passer. Je dépense huit deniers francfortois. De là, nous allons à Mayence; je dépense un albus[ [35] pour faire décharger mes effets, plus dix-huit deniers pour les courroies.

Je fais accord avec le capitaine du bateau de Cologne qui s'engage à me transporter, avec mon bagage, pour trois florins. J'avais dépensé dix-sept albus à Mayence.

Peeter, l'essayeur de la corporation des orfévres, me fait cadeau de deux bouteilles de vin. Veith Farnpuhler m'invite, mais l'aubergiste refuse de recevoir son argent et veut lui-même être mon hôte. On me rend beaucoup d'honneurs. Je pars de Mayence, où le Mein se jette dans le Rhin, le jour de sainte Marguerite, et je dépense dix-neuf hellers pour de la viande, du pain et des œufs que je prends avec moi sur le bateau. Léonhard, l'orfévre, me fait présent de vin et de gibier; il me donne aussi du charbon, qui me servira à faire la cuisine sur le bateau. Le frère de Joostes m'offre une bouteille de vin, et la corporation des peintres deux. Après avoir passé devant Erfeld et Rudisheim, nous arrivons à Erenfels. Là je montre mon passavant, mais on exige deux florins d'or qu'on promet de me rendre si dans les deux mois je rapporte une lettre d'exemption. Nous arrivons à Bacharach où je dois également m'engager à acquitter les droits dans les deux mois ou à présenter une exemption.