Et, comme la lanterne reprenait sa marche et paraissait s'avancer directement de son côté, il se renfonça plus avant que jamais dans l'angle de la porte.
La lanterne fit dix pas encore, et alors Bussy, à la lueur qu'elle projetait, s'aperçut d'une chose étrange, c'est que l'homme qui la portait avait un bandeau sur les yeux.
—Pardieu! dit-il, voilà une singulière idée de jouer au Colin-Maillard avec une lanterne, surtout par un temps et sur un terrain comme celui-ci! Est-ce que je recommencerais à rêver, par hasard?
Bussy attendit encore, et l'homme au bandeau fit cinq ou six pas.
—Dieu me pardonne, dit Bussy, je crois qu'il parle tout seul. Allons, ce n'est ni un ivrogne ni un fou: c'est un mathématicien qui cherche la solution d'un problème.
Ces derniers mots étaient suggérés à l'observateur par les dernières paroles qu'avait prononcées l'homme à la lanterne, et que Bussy avait entendues.
—Quatre cent quatre-vingt-huit, quatre cent quatre-vingt-neuf, quatre cent quatre-vingt-dix, murmurait l'homme à la lanterne; ce doit être bien près d'ici.
Et alors, de la main droite, le mystérieux personnage leva son bandeau, et, se trouvant en face d'une maison, il s'approcha de la porte.
Arrivé près de la porte, il l'examina avec attention.
—Non, dit-il, ce n'est pas celle-ci.