Bussy s'était placé sur le flanc de la troupe, de manière à voir défiler devant lui tout le monde; il ne laissa passer personne sans avoir examiné s'il ne retrouverait pas l'original du portrait, mais ce fut inutilement, il y avait de bien jolies, de bien belles, de bien séduisantes femmes à cette chasse, où le grand veneur faisait ses débuts; mais il n'y avait point la charmante créature qu'il cherchait.
Il en fut réduit à la conversation et à la compagnie de ses amis ordinaires. Antraguet, toujours rieur et bavard, lui fut une grande distraction dans son ennui.
—Nous avons un affreux grand veneur, dit-il à Bussy, qu'en penses-tu?
—Je le trouve horrible! quelle famille cela va nous faire si les personnes qui ont l'honneur de lui appartenir lui ressemblent! Montre-moi donc sa femme.
—Le grand veneur est à marier, mon cher, répliqua Antraguet.
—Et d'où sais-tu cela?
—De madame de Vendron, qui le trouve fort beau et qui en ferait volontiers son quatrième mari, comme Lucrèce Borgia fit du comte d'Est. Aussi vois comme elle lance son cheval bai derrière le cheval noir de M. de Monsoreau!
—Et de quel pays est-il seigneur? demanda Bussy.
—D'une foule de pays.
—Situés?