—Hélas! oui, répondis-je.

—Le prince une fois ici, je ne puis plus rien pour vous que risquer sans espoir ma vie, que je risque en ce moment avec la certitude de vous sauver.

—Pourquoi mon père n'est-il donc pas venu?

—Pensez-vous que votre père ne soit pas entouré? Pensez-vous qu'il puisse faire un pas sans qu'on sache où il va?

—Mais vous? demandai-je.

—Moi, c'est autre chose; moi, je suis l'ami, le confident du prince.

—Mais monsieur, m'écriai-je, si vous êtes l'ami, si vous êtes le confident du prince, alors….

—Alors je le trahis pour vous; oui, c'est bien cela. Aussi vous disais-je tout à l'heure que je risquais ma vie pour sauver votre honneur.

Il y avait un tel accent de conviction dans cette réponse du comte, et elle était si visiblement d'accord avec la vérité, que, tout en éprouvant un reste de répugnance à me confier à lui, je ne trouvais pas de mots pour exprimer cette répugnance.

—J'attends, dit le comte.