—J'écoute, monsieur.

—C'est de ne voyager que la nuit.

—J'y suis décidée.

—C'est de me laisser le choix des gîtes que vous occuperez et le choix de la route; toutes mes précautions seront prises dans un seul but, celui de vous faire échapper au duc d'Anjou.

—Si vous m'aimez comme vous le dites, monsieur, nos intérêts sont les mêmes; je n'ai donc aucune objection à faire contre ce que vous demandez.

—Enfin, à Paris, c'est d'adopter le logement que je vous aurai préparé, si simple et si écarté qu'il soit.

—Je ne demande qu'à vivre cachée, monsieur; et, plus le logement sera simple et écarté, mieux il conviendra à une fugitive.

—Alors nous nous entendons en tout point, mademoiselle, et il ne me reste plus, pour me conformer à ce plan tracé par vous, qu'à vous présenter mes très-humbles respects, à vous envoyer votre femme de chambre et à m'occuper de la route que vous devez suivre de votre côté.

—De mon côté, monsieur, répondis-je; je suis gentillefemme comme vous êtes gentilhomme; tenez toutes vos promesses, et je tiendrai toutes les miennes.

—Voilà tout ce que je demande, dit le comte; et cette promesse m'assure que je serai bientôt le plus heureux des hommes.