Le chef de l'escorte se retourna vers moi.
—Vous entendez, madame, nous sommes arrivés.
Et, sautant à bas de son cheval, il me présenta la main pour descendre de ma haquenée, comme il avait l'habitude de le faire à chaque station.
La porte était ouverte; une lampe éclairait l'escalier, posée sur les degrés.
—Madame, dit le chef de l'escorte, vous êtes ici chez vous; à cette porte finit la mission que nous avons reçue de vous accompagner; puis-je me flatter que cette mission a été accomplie selon vos désirs et avec le respect qui nous avait été recommandé?
—Oui, monsieur, lui dis-je, et je n'ai que des remercîments à vous faire. Offrez-les en mon nom aux braves gens qui m'ont accompagnée. Je voudrais les rémunérer d'une façon plus efficace; mais je ne possède rien.
—Ne vous inquiétez point de cela, madame, répondit celui auquel je présentais mes excuses; ils sont récompensés largement.
Et, remontant à cheval après m'avoir saluée:
—Venez, vous autres, dit-il, et que pas un de vous, demain matin, ne se souvienne assez de cette porte pour la reconnaître!
A ces mots, la petite troupe s'éloigna au galop et se perdit dans la rue Saint-Antoine.