Un instant après, Gertrude rentra.

—Mademoiselle, dit-elle, c'est M. le comte.

Je remis mon poignard dans ma poitrine sans prononcer une seule parole. Seulement je tournai la tête du côté du comte.

Sans doute il fut effrayé de ma pâleur.

—Que me dit Gertrude? s'écria-t-il, que vous m'avez pris pour le duc, et que, si c'eût été le duc, vous vous fussiez tuée?

C'était la première fois que je le voyais ému.

Cette émotion était-elle réelle ou factice?

—Gertrude a eu tort de vous dire cela, monsieur, répondis-je; du moment où ce n'est pas le duc, tout est bien.

Il se fit un instant de silence.

—Vous savez que je ne suis pas venu seul, dit le comte.