—Je dis, répondit le Balafré, que malheureusement il existe en France une loi qu'on appelle la loi salique et qui met toutes nos prétentions à néant.
—Voilà où je vous attendais, monseigneur, s'écria David avec l'orgueil de l'amour-propre satisfait; quel est le premier exemple de la loi salique?
—L'avénement au trône de Philippe de Valois, au préjudice d'Edouard d'Angleterre.
—Quelle est la date de cet avénement?
Le Balafré chercha dans ses souvenirs.
—1328, dit sans hésiter le cardinal de Lorraine.
—C'est-à-dire trois cent quarante et un ans après l'usurpation de Hugues Capet, deux cent quarante ans après l'extinction de la race de Lothaire. Donc, depuis deux cent quarante ans vos ancêtres avaient des droits à la couronne lorsque la loi salique fut inventée. Or, chacun sait cela, la loi n'a pas d'effet rétroactif.
—Vous êtes un habile homme, maître Nicolas David, dit le Balafré en regardant l'avocat avec une admiration qui n'était pas exempte d'un certain mépris.
—C'est fort ingénieux, fit le cardinal.
—C'est fort beau, dit Mayenne.