Pendant tout ce temps, on avait pas à pas gagné le salon.
—M. de Monsoreau, mon gendre! balbutiait toujours le baron de Méridor anéanti.
—Cela ne peut vous étonner, répondit Diane avec le ton d'un doux reproche; ne m'avez-vous pas ordonné de l'épouser, mon père?
—Oui, s'il te sauvait.
—Eh bien, il m'a sauvée, dit sourdement Diane en tombant sur un siège placé près de son prie-Dieu. Il m'a sauvée, pas du malheur, mais de la honte du moins.
—Alors, pourquoi m'a-t-il laissé croire à ta mort, moi qui pleurais si amèrement? répéta le vieillard. Pourquoi me laissait-il mourir de désespoir, quand un seul mot, un seul, pouvait me rendre la vie?
—Oh! il y a encore quelque piège là-dessous! s'écria Diane. Mon père, vous ne me quitterez plus; monsieur de Bussy, vous nous protégerez, n'est-ce pas?
—Hélas! madame, dit le jeune homme en s'inclinant, il ne m'appartient plus de pénétrer dans les secrets de votre famille. J'ai dû, voyant les étranges manoeuvres de votre mari, vous trouver un défenseur que vous puissiez avouer. Ce défenseur, j'ai été le chercher à Méridor. Vous êtes auprès de votre père, je me retire.
—Il a raison, dit tristement le vieillard: M. de Monsoreau a craint la colère du duc d'Anjou, et M. de Bussy la craint à son tour.
Diane lança un de ses regards au jeune homme, et ce regard signifiait: