—Et, ayant un coup d'épée dans le flanc, dit Henri, vous ne vous plaignez pas?

—Je ne me plaindrais, sire, que si, pour m'empêcher de me venger moi-même, on me coupait la main droite; encore, continua l'intraitable duelliste, je me vengerais, je l'espère bien, de la main gauche.

—Insolent! murmura Henri.

—Sire, dit le duc d'Anjou, vous avez parlé de justice, eh bien, faites justice; nous ne demandons pas mieux. Ordonnez une enquête, nommez des juges, et que l'on sache bien de quel côté venait le guet-apens, et qui avait prépare l'assassinat.

Henri rougit.

—Non, dit-il, j'aime mieux encore cette fois ignorer où sont les torts et envelopper tout le monde dans un pardon général. J'aime mieux que ces farouches ennemis fassent la paix, et je suis fâché que Schomberg et d'Épernon se trouvent retenus chez eux par leurs blessures. Voyons, monsieur d'Anjou, quel était le plus enragé de tous mes amis, à votre avis? Dites, cela doit vous être facile, puisque vous prétendez les avoir vus?

—Sire, dit le duc d'Anjou, c'était Quélus.

—Ma foi oui! dit Quélus, je ne m'en cache pas, et Son Altesse a bien vu.

—Alors, dit Henri, que M. de Bussy et M. de Quélus fassent la paix au nom de tous.

—Oh! oh! dit Quélus, que signifie cela, sire?