—Ces gens reçoivent les inspirations, non pas de Dieu, sire, mais d'un parti fort hostile à la couronne. Ce parti, je l'ai étudié.

—Fort bien, dit le roi.

—Très-sensé, dit Chicot.

—Et j'en connais les espérances, ajouta triomphalement Morvilliers.

—C'est superbe! s'écria Chicot.

Le roi fit signe au Gascon de se taire.

Le duc d'Anjou ne perdit pas de vue l'orateur.

—Pendant plus de deux mois, dit le chancelier, j'entretins aux gages de Votre Majesté des hommes de beaucoup d'adresse, d'un courage à toute épreuve, d'une avidité insatiable, c'est vrai, mais que j'avais soin de faire tourner au profit du roi; car, tout en les payant magnifiquement, j'y gagnais encore. J'appris d'eux que, moyennant le sacrifice d'une forte somme d'argent, je connaîtrais le premier rendez-vous des conspirateurs.

—Voilà qui est bon, dit Chicot, paye, mon roi, paye!

—Eh! qu'à cela ne tienne, s'écria Henri, voyons… chancelier, le but de ce complot, l'espérance des conspirateurs?…