A peine parut-il, que chacun s'élança vers lui, et que chacun voulut lui toucher les mains, le cou, les habits. Il y en avait dont la vénération allait jusqu'à baiser le bas de sa robe.

—Adieu, disait l'un en le pressant sur son coeur; adieu, vous êtes un saint homme, ne m'oubliez point dans vos prières.

—Bah! se dit Gorenflot, un saint homme, moi? tiens!

—Adieu! dit un autre en lui serrant la main, brave champion de la foi, adieu! Godefroy de Bouillon était bien peu de chose auprès de vous.

—Adieu! martyr, lui dit un troisième en baisant le bout de son cordon; l'aveuglement habite encore parmi nous; mais l'heure de la lumière arrivera.

Et Gorenflot se trouva ainsi, de bras en bras, de baisers en baisers, et d'épithètes en épithètes, porté jusqu'à la porte de la rue, qui se referma derrière lui dès qu'il l'eut franchie.

Gorenflot regarda cette porte avec une expression que rien ne saurait rendre, et finit par sortir de Paris à reculons, comme si l'ange exterminateur lui eût montré la pointe de son épée flamboyante.

Le seul mot qui lui échappa en arrivant à la porte fut celui-ci:

—Le diable m'emporte! ils sont tous fous; ou, s'ils ne le sont pas; miséricorde, mon Dieu! c'est moi qui le suis.

CHAPITRE II