—Écoutez, cela est toujours soumis à l'approbation des principaux meneurs, vous le comprenez bien. Si, au lieu de vous expulser et de dissoudre la Ligue, il nommait un chef favorable à l'entreprise; si, au lieu d'élever le duc de Guise à ce poste, il y plaçait le duc d'Anjou?

—Ah! fit le duc de Guise, qui ne put ni retenir l'exclamation ni comprimer le sang qui lui montait au visage.

—Bon! dit Chicot, les deux dogues vont se battre sur leur os.

Mais, à la grande surprise de Chicot, et surtout du roi, qui, sur cette matière, en savait moins que Chicot, le duc de Guise cessa tout à coup de s'étonner et de s'irriter, et reprenant d'une voix calme et presque joyeuse:

—Vous êtes un adroit politique, monseigneur, dit-il, si vous avez fait cela.

—Je l'ai fait, répondit le duc.

—Bien rapidement!

—Oui; mais, il faut le dire, la circonstance m'aidait, et j'en ai profité; toutefois, mon cher duc, ajouta le prince, rien n'est arrêté, et je n'ai pas voulu conclure avant de vous avoir vu.

—Comment cela, monseigneur?

—Parce que je ne sais encore à quoi cela nous mènera.