—Mais j'ai voulu vous prouver, moi, continua Diane en s'animant, que je ne suis pas une femme ingrate ni un coeur sans mémoire. C'est moi qui ai prié M. Remy de me procurer l'honneur de votre entretien; c'est moi qui ai indiqué ce rendez-vous: pardonnez-moi si je vous ai déplu.

Bussy appuya une main sur son coeur.

—Oh! madame, dit-il, vous ne le pensez pas.

Les idées commençaient à revenir à ce pauvre coeur brisé, et il lui semblait que cette douce brise du soir qui lui apportait de si doux parfums et de si tendres paroles lui enlevait en même temps un nuage de dessus les yeux.

—Je sais, continua Diane, qui était la plus forte, parce que depuis longtemps elle était préparée à cette entrevue, je sais combien vous avez eu de mal à faire ma commission. Je connais toute votre délicatesse. Je vous connais et vous apprécie, croyez-le bien. Jugez donc ce que j'ai dû souffrir à l'idée que vous méconnaîtriez les sentiments de mon coeur.

—Madame, dit Bussy, depuis trois jours je suis malade.

—Oui, je le sais, répondit Diane avec une rougeur qui trahissait tout l'intérêt qu'elle prenait à cette maladie, et je souffrais plus que vous, car M. Remy,—il me trompait sans doute,—M. Remy me laissait croire….

—Que votre oubli causait ma souffrance. Oh! c'est vrai.

—Donc, j'ai dû faire ce que je fais, comte, reprit madame de Monsoreau. Je vous vois, je vous remercie de vos soins obligeants, et vous en jure une reconnaissance éternelle…. Maintenant croyez que je parle du fond du coeur.

Bussy secoua tristement la tête et ne répondit pas.