—J'ai laissé mon poignard quelque part, voilà tout ce que je sais, enfoncé jusqu'à la garde dans un fourreau de chair; mais, en une seconde, tout a été dit: j'ai été pris, soulevé, emporté, trempé dans la cuve et presque noyé.

—Et comment t'es-tu tiré de leurs mains?

—J'ai eu le courage de commettre une lâcheté, sire.

—Et qu'as-tu fait?

—J'ai crié: Vive la Ligue!

—C'est comme moi, dit d'Épernon; seulement on m'a forcé d'ajouter:
Vive le duc d'Anjou!

—Et moi aussi, dit Schomberg en mordant ses mains de rage; moi aussi je l'ai crié. Mais ce n'est pas le tout.

—Comment! dit le roi, ils t'ont encore fait crier autre chose, mon pauvre Schomberg?

—Non, ils ne m'ont pas fait crier autre chose, et c'est bien assez comme cela, Dieu merci; mais au moment où je criais: Vive le duc d'Anjou!…

—Eh bien!