—Mon frère! dit François.
—Cette lettre, monsieur! s'écria le roi en frappant du pied, ou je vous la fais arracher par quatre Suisses!
Le duc bondit hors de son lit, en tenant la lettre froissée dans ses mains, et avec l'intention manifeste de gagner la cheminée, afin de la jeter dans le feu.
—Vous feriez cela, dit-il, à votre frère?
Henri devina son intention et se plaça entre lui et la cheminée.
—Non pas à mon frère, dit-il, mais à mon plus mortel ennemi! Non pas à mon frère, mais au duc d'Anjou, qui a couru toute la soirée les rues de Paris à la queue du cheval de M. de Guise! à mon frère, qui essaye de me cacher quelque lettre de l'un ou de l'autre de ses complices, MM. les princes lorrains.
—Pour cette fois, dit le duc, votre police est mal faite.
—Je vous dis que j'ai vu sur le cachet ces trois fameuses merlettes de Lorraine, qui ont la prétention d'avaler les fleurs de lis de France. Donnez donc, mordieu! donnez, ou….
Henri fit un pas vers le duc et lui posa la main sur l'épaule.
François n'eut pas plutôt senti s'appesantir sur lui la main royale, il n'eut pas plutôt d'un regard oblique considéré l'attitude menaçante des quatre mignons, lesquels commençaient à dégainer, que, tombant à genoux, à demi renversé contre son lit, il s'écria: