—Tout doux, monseigneur, dit Maugiron, vous marchez sur mes images.

—Mon Dieu! s'écria le musicien, que vois-je là? on insulte mon maître!

—Ce cher monsieur Aurilly, dit d'Épernon tout en continuant de cambrer ses moustaches, comment va-t-il? Très-bien, car il me paraît un peu rouge.

—Faites-moi donc l'amitié, monsieur le musicien, de m'apporter votre petite dague, s'il vous plaît, dit Maugiron.

—Messieurs, messieurs, dit Aurilly, ne vous rappelez-vous donc plus où vous êtes?

—Si fait, si fait, mon cher Orphée, dit d'Épernon, voilà pourquoi mon ami vous demande votre poignard. Vous voyez bien que M. le duc n'en a pas.

—Aurilly, dit le duc avec une voix pleine de douleur et de rage, ne devines-tu donc pas que je suis prisonnier?

—Prisonnier de qui?

—De mon frère. N'aurais-tu donc pas dû le comprendre, en voyant quels sont mes geôliers?

Aurilly poussa un cri de surprise.