Et, quittant Chicot, ou plutôt marchant devant lui, il s'achemina vers le cabinet du roi.
Sa Majesté venait de sortir.
—Où est allé le roi? demanda le grand veneur; je dois lui rendre compte de certains ordres qu'il m'a donnés.
—Chez M. le duc d'Anjou, lui répondit celui auquel il s'adressait.
—Chez M. le duc d'Anjou! dit le comte à Chicot; le prince n'est donc pas mort?
—Heu! fit le Gascon, m'est avis qu'il n'en vaut guère mieux.
Pour le coup, les idées du grand veneur s'embrouillèrent tout à fait: il devenait certain que M. d'Anjou n'avait pas quitté le Louvre. Certains bruits qu'il recueillit, certains mouvements de gens d'office, lui confirmèrent la vérité.
Or, comme il ignorait les véritables causes de l'absence du prince, cette absence l'étonnait au delà de toute mesure dans un moment si décisif.
Le roi, en effet, était allé chez le duc d'Anjou; mais, comme le grand veneur, malgré le grand désir où il était de savoir ce qui se passait chez le prince, ne pouvait y pénétrer, force lui fut d'attendre les nouvelles dans le corridor.
Nous avons dit que, pour assister à la séance, les quatre mignons s'étaient fait remplacer par des Suisses; mais, aussitôt la séance finie, malgré l'ennui que leur causait la garde qu'ils montaient près du prince, le désir d'être désagréables à Son Altesse en lui apprenant le triomphe du roi l'avait emporté sur l'ennui, et ils étaient venus reprendre leur poste, Schomberg et d'Épernon dans le salon, Maugiron et Quélus dans la chambre même de Son Altesse.