—Oh! murmura-t-elle en se réveillant, oh! c'est affreux, comte, de nous surprendre ainsi.

Bussy attendait d'autres paroles. Eh, qui sait? les hommes sont si exigeants! qui sait, disons-nous, s'il n'attendait pas autre chose que des paroles, lui qui avait expérimenté plus d'une fois les retours à la vie après les pâmoisons et les évanouissements?

Non-seulement Diane en demeura là, mais encore elle s'arracha doucement des bras qui la tenaient captive et revint à son amie, qui, discrète d'abord, avait fait plusieurs pas sous les arbres; puis, curieuse comme l'est toute femme de ce charmant spectacle d'une réconciliation entre gens qui s'aiment, était revenue tout doucement, non pas pour prendre sa part de la conversation, mais assez près des interlocuteurs pour n'en rien perdre.

—Eh bien, demanda Bussy, est-ce donc ainsi que vous me recevez, madame?

—Non, dit Diane; car, en vérité, monsieur de Bussy, c'est tendre, c'est affectueux, ce que vous venez de faire là… Mais….

—Oh! de grâce, pas de mais… soupira Bussy en reprenant sa place aux genoux de Diane.

—Non, non, pas ainsi, pas à genoux, monsieur de Bussy.

—Oh! laissez-moi un instant vous prier comme je le fais, dit le comte en joignant les mains, j'ai si longtemps envié cette place.

—Oui; mais, pour la venir prendre, vous avez passé par-dessus le mur. Non-seulement ce n'est pas convenable à un seigneur de votre rang, mais c'est bien imprudent pour quelqu'un qui aurait soin de mon honneur.

—Comment cela?