—Oh! oui, dit la jeune femme tressaillant comme si la voix de son amie la tirait d'un rêve. Je t'écoute.

—Eh bien! vois-tu, demain j'irai à la chasse avec Saint-Luc et ton père.

—Comment! tu me laisseras seule au château?

—Écoute, chère amie, dit Jeanne; moi aussi, j'ai mes principes de morale, et il y a certaines choses que je ne puis consentir à faire.

—Oh! Jeanne, s'écria madame de Monsoreau en pâlissant, peux-tu bien me dire de ses duretés-là, à moi, à ton amie?

—Il n'y a pas d'amie qui tienne, continua mademoislle de Brissac avec la même tranquillité. Je ne puis continuer ainsi.

—Je croyais que tu m'aimais, Jeanne, et voilà que tu me perces te coeur, dit la jeune femme avec des larmes dans les yeux; tu ne veux pas continuer, dis-tu, eh! quoi donc ne veux-tu pas continuer?

—Continuer, murmura Jeanne à l'oreille de son amie, continuer de vous empêcher, pauvres amants que vous êtes, de vous aimer tout à votre aise.

Diane saisit dans ses bras la rieuse jeune femme, et couvrit de baisers son visage épanoui. Comme elle la tenait embrassée, les trompes de la chasse firent entendre leurs bruyantes fanfares.

—Allons, on nous appelle, dit Jeanne; le pauvre Saint-Luc s'impatiente. Ne sois donc pas plus dure envers lui que je ne veux l'être envers l'amoureux en pourpoint cannelle.