CHAPITRE XXXI

DIPLOMATIE DE M. LE DUC D'ANJOU.

Quand le bruit des mousquets se fut un peu calmé dans les rues, quand les battements de la cloche eurent ralenti leurs vibrations, quand les antichambres furent dégarnies, quand enfin Bussy et le duc d'Anjou se trouvèrent seuls:

—Causons, dit le duc.

En effet, grâce à sa perspicacité, François comprenait que Bussy, depuis leur rencontre, avait fait beaucoup plus d'avances qu'il n'avait l'habitude d'en faire; il jugea alors, avec sa connaissance de la cour, qu'il était dans une position embarrassée, et que, par conséquent, il pouvait, avec un peu d'adresse, prendre avantage sur lui.

Mais Bussy avait eu le temps de se préparer, et il attendait son prince de pied ferme.

—Causons, monseigneur, répliqua-t-il.

—Le dernier jour que nous nous vîmes, dit le prince, vous étiez bien malade, mon pauvre Bussy!

—C'est vrai, monseigneur, répliqua le jeune homme; j'étais très-malade, et c'est presque un miracle qui m'a sauvé.

—Ce jour-là, il y avait près de vous, continua le duc, certain médecin bien enragé pour votre salut, car il mordait vigoureusement, ce me semble, ceux qui vous approchaient.