Toute cette discipline n'avait d'autre but que d'empêcher le duc d'envoyer quelqu'un à Diane sans qu'il le sût, et d'empêcher Diane d'entrer à Angers sans qu'il en fût averti.
Cela paraîtra peut-être un peu exagéré; mais cinquante ans plus tard
Buckingham faisait bien d'autres folies pour Anne d'Autriche.
L'homme et le cheval blanc étaient donc, comme nous l'avons dit, arrivés d'un galop furieux, et ils avaient été donner droit dans le poste.
Mais le poste avait sa consigne. La consigne avait été donnée à la sentinelle; la sentinelle avait croisé la pertuisane; le cavalier avait paru s'en inquiéter médiocrement; mais la sentinelle avait crié: «Aux armes!» le poste était sorti, et force avait été d'entrer en explication.
—Je suis Antraguet, avait dit le cavalier, et je veux parler au duc d'Anjou.
—Nous ne connaissons pas Antraguet, avait répondu le chef du poste; quant à parler au duc d'Anjou, votre désir sera satisfait, car nous allons vous arrêter et vous conduire à Son Altesse.
—M'arrêter! répondit le cavalier, voilà encore un plaisant maroufle pour arrêter Charles de Balzac d'Entragues, baron de Cuneo et comte de Graville.
—Ce sera pourtant comme cela, dit en ajustant son hausse-col le bourgeois qui avait vingt hommes derrière lui, et qui n'en voyait qu'un seul en face.
—Attendez un peu, mes bons amis, dit Antraguet. Vous ne connaissez pas encore les Parisiens, n'est-ce pas? eh bien! je vais vous montrer un échantillon de ce qu'ils savent taire.
—Arrêtons-le! conduisons-le à monseigneur! crièrent les miliciens furieux.