Ils arrivèrent comme les bourgeois commençaient d'exécuter la manoeuvre que nous avons dite, au grand détriment des épaules et des crâne des curieux.
Bussy se dressa sur ses étriers, et, son oeil d'aigle plongeant dans la mêlée, il reconnut Livarot à sa longue figure.
—Mort de ma vie! cria-t-il au prince d'une voix tonnante, accourez donc, monseigneur, ce sont nos amis de Paris qui nous assiègent.
—Eh non! répondit Livarot d'une voix qui dominait le bruit de la bataille, ce sont, au contraire, les amis d'Anjou qui nous écharpent.
—Bas les armes! cria le duc; bas les armes, marauds, ce sont des amis.
—Des amis! s'écrièrent les bourgeois contusionnés, écorchés, rendus. Des amis! il fallait donc leur donner le mot d'ordre alors; depuis une bonne heure, nous les traitons comme des païens, et ils nous traitent comme des Turcs.
Et le mouvement rétrograde acheva de se faire.
Livarot, Antraguet et Ribérac s'avancèrent en triomphateurs dans l'espace laissé libre par la retraite des bourgeois, et tous s'empressèrent d'aller baiser la main de Son Altesse; après quoi, chacun, à son tour, se jeta dans les bras de Bussy.
—Il paraît, dit philosophiquement le capitaine, que c'est une volée d'Angevins que nous prenions pour un vol de vautours.
—Monseigneur, glissa Bussy à l'oreille du duc, comptez vos miliciens, je vous prie.