Tout en donnant cette preuve d'intelligence, le cheval secouait la tête comme pour échapper au frein qu'il sentait peser sur ses lèvres; il semblait dire au cavalier que toute influence dominatrice lui était inutile, et, à mesure qu'il approchait de la porte de la ville, il accélérait sa marche.
—En vérité, murmura Monsoreau, je vois qu'on ne m'en avait pas trop dit; ainsi, puisque tu sais si bien ton chemin, va, Roland, va.
Et il abandonna les rênes sur le cou de Roland.
Le cheval, arrivé au boulevard extérieur, hésita un moment pour savoir s'il tournerait à droite ou à gauche,
Il tourna à gauche.
Un paysan passait en ce moment.
—Avez-vous vu une troupe de cavaliers, l'ami? demanda Monsoreau.
—Oui, monsieur, répondit le rustique, je l'ai rencontrée là-bas, en avant.
C'était justement dans la direction qu'avait prise Roland, que le paysan venait de rencontrer cette troupe.
—Va, Roland, va, dit le grand veneur en lâchant les rênes à son cheval, qui prit un trot allongé avec lequel on devait naturellement faire trois ou quatre lieues à l'heure.