—Un otage, moi! dit-elle.
—Le plus saint et le plus vénérable de tous, répliqua-t-il en souriant et en baisant la main de Catherine, non sans un autre coup d'oeil triomphant adressé à la boiserie.
Catherine laissa tomber ses bras, comme écrasée; elle ne pouvait deviner que Bussy, par une porte secrète, surveillait son maître et le tenait en échec sous son regard, depuis le commencement de l'entretien, lui envoyant du courage et de l'esprit à chaque hésitation.
—Mon fils, dit-elle enfin, ce sont toutes paroles de paix que je vous apporte, vous avez parfaitement raison.
—J'écoute, ma mère, dit François, vous savez avec quel respect; je crois que nous commençons à nous entendre.
CHAPITRE VIII
LES PETITES CAUSES ET LES GRANDS EFFETS.
Catherine avait eu, dans cette première partie de l'entretien, un désavantage visible. Ce genre d'échecs était si peu prévu, et surtout si inaccoutumé, qu'elle se demandait si son fils était aussi décidé dans ses refus qu'il le paraissait, quand un tout petit événement changea tout à coup la face des choses.
On a vu des batailles aux trois quarts perdues être gagnées par un changement de vent, et vice versa; Marengo et Waterloo en sont un double exemple. Un grain de sable change l'allure des plus puissantes machines.
Bussy était, comme nous l'avons vu, dans un couloir secret, aboutissant à l'alcôve de M. le duc d'Anjou, placé de façon à n'être vu que du prince; de sa cachette, il passait la tête par une fente de la tapisserie aux moments qu'il croyait les plus dangereux pour sa cause.