—Que voulez-vous vous-même? voyons, ma mère, dit François; parlez, je vous écoute.

—Je désire que vous reveniez à Paris, cher enfant, je désire que vous rentriez à la cour du roi votre frère, qui vous tend les bras.

—Et, mordieu! madame, j'y vois clair; ce n'est pas lui qui me tend les bras, c'est le pont-levis de la Bastille.

—Non, revenez, revenez, et, sur mon honneur, sur mon amour de mère, sur le sang de notre Seigneur Jésus-Christ (Catherine se signa), vous serez reçu par le roi, comme si c'était vous qui fussiez le roi, et lui le duc d'Anjou.

Le duc regardait obstinément du côté de l'alcôve.

—Acceptez, continua Catherine, acceptez, mon fils; voulez-vous d'autres apanages, dites, voulez-vous des gardes?

—Eh! madame, votre fils m'en a donné, et des gardes d'honneur même, puisqu'il avait choisi ses quatre mignons.

—Voyons, ne me répondez pas ainsi: les gardes qu'il vous donnera, vous les choisirez vous-même; vous aurez un capitaine, s'il le faut, et, s'il le faut encore, ce capitaine sera M. de Bussy.

Le duc, ébranlé par cette dernière offre, à laquelle il devait penser que Bussy serait sensible, jeta un regard vers l'alcôve, tremblant de rencontrer un oeil flamboyant et des dents blanches, grinçant dans l'ombre. Mais, ô surprise! il vit, au contraire, Bussy riant, joyeux, et applaudissant par de nombreuses approbations de tête.

—Qu'est-ce que cela signifie? se demandât-il; Bussy ne voulait-il donc la guerre que pour devenir capitaine de mes gardes?—Alors, dit-il tout haut, et s'interrogeant lui-même, je dois donc accepter?