Diane posa un doigt sur ses lèvres: c'était sa manière de saluer.

Il fallut raconter au comte toute l'histoire du la commission dont le duc d'Anjou avait chargé Bussy, la visite à la cour, le malaise du roi, la froide mine des mignons. Froide mine fut le mot dont se servit Bussy. Diane ne fit qu'en rire.

Monsoreau, tout pensif à ces nouvelles, pria Bussy de se pencher vers lui, et lui dit à l'oreille:

—Il y a encore des projets sous jeu, n'est-ce pas?

—Je le crois, répliqua Bussy.

—Croyez-moi, dit Monsoreau, ne vous compromettez pas pour ce vilain homme; je le connais, il est perfide: je vous réponds qu'il n'hésite jamais au bord d'une trahison.

—Je le sais, dit Bussy avec un sourire qui rappela au comte la circonstance dans laquelle lui, Bussy, avait souffert de cette trahison du duc.

—C'est que, voyez-vous, dit Monsoreau, vous êtes mon ami, et je veux vous mettre en garde. Au surplus, chaque fois que vous aurez une position difficile, demandez-moi conseil.

—Monsieur! monsieur! il faut dormir après le pansement, dit Remy; allons, dormez!

—Oui, cher docteur. Mon ami, faites donc un tour de promenade avec madame de Monsoreau, dit le comte. On dit que le jardin est charmant cette année.